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..............17 ans, ou la hantise de grandir (pour ma part du moins). Je suis à un âge où j'aime clamer qu' « on n'est pas sérieux quand on a dix-sept-ans », mais que malgré tout j'exige qu'on me prenne au sérieux. Hé oui. Le cul entre deux chaises quoi. Mes parents me voudraient responsable, sauf que je me suis rendue compte que j'étais pas vraiment compatible avec ce domaine-là... Voire pas du tout.
..............Je suis à une âge où je voudrais envoyer sur le bûcher tous les crétins qui me demandent d'un air niais accompagné d'un big sourire freedent-plus-hypocrite-tendances-lèche-cul-tu-meurs « Alors ? Qu'est ce que tu veux faire plus tard ? Tu ne sais pas ? ! Les inscriptions c'est avant le début d'année prochaine ! Il faudrait y penser ! » Ah ouais ? Et toi t'y as pensé à mettre à jour ton cerveau ? Non ? Alors ta guôle. Mais je me tais, et je savoure délicieusement l'hypothétique réplique que je pourrais lui envoyer. Y'en a qui pensent que je ne me sens pas 'impliquée' car je suis « au-dessus de ça »... Mais c'est exactement ça ! Je suis tellement supérieure que m'abaisser à gaspiller bêtement ma salive me ferait bien mal au dos. Et puis je suis économe. Je n'aime pas réquisitionner l'aide de mes glandes salivaires pour rien :) .
..............Je suis à un âge où, pour moi, rentrer dans la vie active est synonyme d'entrer en enfer, et le monologue que Mark Renton débite au début de Trainspotting sonne comme le glas de la vérité. On peut très bien penser que c'est celui de l'immatûrité, mais si alors la mâturité est associée à « se fondre dans la masse », je préfère qu'on me dise que je suis une gamine. Enfin ce ne sont que des paroles, ou des écrits, ou des feuilles virtuelles (c'est comme vous voulez), et peut-être que dans quelques années moi aussi j'aurais une vie banale et sans interêt. Mais peut-être que non, ça dépend si on est optimiste ou pas. Moi je suis lunatiquement optimiste. Enfin un peu comme tout le monde en somme. Je suis mi-figue, mi-raisin, hé ouais toujours « le cul entre deux chaises ». Voire trois ! Qui sait ?
..............Comme dit mon Dieu des Dieux des Idoles des Dieux, il y a deux portes. Celle qui conduit à une existence dans un bocal où tu te batteras avec ton voisin stupide pour qu'il baisse sa musique de malade, où tu auras un boulot, des subventions et allocations, et un avenir tracé de fil blanc car tu sais déjà que ton cercueil sera payé par tes petits-enfants, et il y a l'Autre Porte. Celle que tu pousses pour découvrir LA vie, juste ça, c'est déjà pas mal, d'avoir uen vie. Et lorsqu'on est ambitieux on choisit la deuxième opportunité, la deuxième porte, (mais pas en bois, parce que ça peut s'enflammer à tout moment. Je divaaague...) qui te paraît familière, mais ce n'est qu'une façade car cette porte te ménera à l'aventure.
..............Et moi je me place où parmi ces deux portes ? Eh bien j'en sais rien. Et la vérité, c'est que je ne sais rien. Et je sais même pas si c'est la vérité, en fait. J'ai le cul entre deux portes, pour changer. Sans oublier que je suis portée par l'irrascible désir de rester dans ma bulle, et tiraillée en même temps par ce 'devoir' de devenir enfin adulte, de marcher droit devant moi pour affronter ma vie, sans personne pour me protéger des travers du destin.
..............J'ai pas tellement changé en fait en un an. Je suis toujours aussi perdue (mais pas que !). Enfin je connais le chemin pour rentrer chez moi, et c'est déjà ça de gagner.
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